Manger moins pourrait permettre de vivre plus longtemps

JOSE JORDAN / AFP

Après une dizaine d’années d’étude sur les primates, des scientifiques sont arrivés à la conclusion que l’espérance de vie des individus qui mangent dans des quantités raisonnables est plus longue que celle des autres.

Le microcèbe est le plus petit des lémuriens. Avec ses gros yeux, il pèse seulement une centaine de grammes et mesure douze centimètres sans sa queue. Il a une autre particularité : s’il mange moins, il vit plus longtemps. C’est ce qu’a constaté Fabienne Aujard, chercheuse au CNRS, qui a participé à une étude longue de dix ans dont les résultats ont été publiés ce jeudi 5 avril dans la revue scientifique Communications Biology.

« On est arrivé à la fin de l’étude où tous les animaux-contrôles sont morts de leur belle mort, de vieillesse. Les animaux-restreints sont restés avec un état de jeunesse bien plus longtemps et ils ont vécu plus longtemps que les animaux contrôles. »

Une espérance de vie augmentée de près de 50 %

Les animaux-restreints, ce sont ces lémuriens à qui on a tout simplement donné moins à manger. Rien de bien méchant ; on a juste diminué les doses d’un tiers à chaque repas. Et cette idée ne vient pas de nulle part. « Dès les années 1930, un scientifique avait fait des études sur des souris, et à l’époque, il avait montré qu’en réduisant la ration alimentaire sur des souris, elles vivaient plus longtemps. »

La suite était donc de tester cela sur des primates, lointains cousins de l’homme et cette étude montre que l’on observe le même phénomène avec un vieillissement retardé et une espérance de vie augmentée de près de 50 %. Cependant, le lien « biologique » entre restriction calorique et longévité n’est pas encore très bien compris, mais les résultats sont prometteurs.

– Cet article a initialement été publié sur le site de RFI.

Ce contenu a été publié dans Infos. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.