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Contes et légendes

"Chang San Fong : Le maître des trois pics " - le mythe fondateur

Chang San Fong, le maître des trois pics

Chang San Fong, le maître des trois pics, était de robuste constitution, grande taille, svelte et un air redoutable, si ce n'était son regard. Son regard qui exprimait une tranquillité apaisante avec une lueur de bonté, entouré par d'une barbe épaisse et touffue et une chevelure terminée en chignon.

Été comme hiver on le voyait déambuler avec la même tunique fabriquée dans une seule pièce de bambou tressé. Il tenait le plus souvent un chasse mouche fait d'une crinière de cheval.

Assoiffé de connaissance, il passa la plus grande partie de sa vie à pérénigrer sur les pentes des monts Sen-Tchuan, Chansi et Houe-Pe. Il visita ainsi les hauts lieux du Taoïsme, allant d'un monastère à l'autre, séjournant dans des sanctuaires et des temples que les pentes escarpées de la montagne rendaient difficilement accessibles. Il fut très tôt initié par les maîtres Taoïstes à la pratique de la méditation. Partout où il passait il étudiait les livres sacrés et il interrogeait sans relâche sur les mystères de l'univers.

Un jour, alors qu'il méditait déjà en silence depuis des heures, il entendit un chant merveilleux, surnaturel... Observant autour de lui, il aperçut sur la branche d'un arbre, un oiseau qui fixait attentivement le sol.

Chang San Fong, le maître des trois pics, observe la nature

Au pied de l'arbre, un serpent dressait sa tête vers le ciel. Les regards de l'oiseau, du reptile se rencontraient , s'affrontaient. Soudain, l'oiseau fondit sur le serpent en poussant des cris perçants et entreprit de l'attaquer avec de furieux coups de patte et de bec. Le serpent, ondulant et fluide, esquiva habilement les violentes attaques de son adversaire. Ce dernier, épuisé par ses efforts inefficaces, regagna sa branche pour prendre des forces.

Et encore il repartit à l'assaut, le serpent continua sa danse circulaire qui se mua bientôt en une spirale d'énergie tourbillonnante, insaisissable.

La légende nous dit que Chang San Fong s'inspira de cette vision pour fonder le Wu-Tang-Pai, le style de "la main souple" qui, façonné par des générations de Taoïstes, devint le Taichi.

Le combat entre l'oiseau et le serpent

C'est pourquoi les mouvements du Tai Chi Chuan n'ont ni début ni fin.

Ils se déroulent souplement comme le fil de soie d'un cocon et ils s'écoulent sans interruption comme les eaux du fleuve Yang-Tsé.

"L'histoire de YANG Lu Chan"

Yang Lu Chan Né au début du XIXème siècle, dans une famille paysanne du Ho-Pei, le jeune Yang Lu Chan n'avait qu'une passion : le Chuan-Shu, l'art du poing. Ayant fréquenté assidûment dès son enfance les écoles d'art martiaux de sa province, il avait atteint très tôt le rang d'un expert réputé. Mais les styles qu'il avait pratiqué jusque là ne le satisfaisait pas.

Il avait conscience que, depuis la destruction du monastère de Shaolin, l'art du poing avait lentement dégénéré en une méthode de combat qui faisait une trop grande place aux recettes techniques et à la force musculaire .

Malgré ses recherches dans tous les coins du Ho-Pei, il ne parvenait pas découvrir un maître susceptible de lui enseigner un art plus profond qui déboucherait sur la voie de l'harmonie.

Son désespoir prit fin lorsqu'il entendit parler du Tai Chi Chuan, art qui commençait à se populariser dans la province du Honan. Abandonnant ses parents et ses amis, Lu Chan entreprit un long voyage de plus de 800 km pour aller apprendre ce nouvel art si prometteur. Dès son arrivée il se mit en quête d'un lieu pour la pratique du Tai Chi. Dans ce milieu fermé, revenait souvent le nom d'un maître, celui de Chen Chang Hsiang.

Maître Chen avait la réputation d'être celui qui avait le plus haut "kung fu", le plus d'expérience en Tai Chi Chuan. La seul difficulté et non la moindre était qu'il n'enseignait son art et ses secrets qu'aux membres de sa famille.

Lu Chan ne pensait à être enseigné que par le meilleur, aussi pensa-t-il à se faire engager comme serviteur. Soigneusement dissimulé, il observait en cachette l'enseignement familiale sous la conduite du patriarche . Quand tout le monde dormait, il s'exerçait la nuit à refaire inlassablement ce qu'il avait vu et entendu le jour. Cela dura jusqu'au jour où il se fit prendre. Maître Chen le fit venir devant lui, il s'attendait au pire. Le vieil homme était fort mécontent et irrité :

-"Ainsi , jeune homme, vous m'avez abusé, trahi. Vous êtes rentré à mon service dans le seul but d'espionner notre enseignement, qu'avez vous à répondre?"

-"C'est exact monsieur".

-"Avant de décider de votre sort, je suis curieux de savoir ce que vous avez appris dans de telles conditions. Montrez moi un peu ce que vous avez pu retenir".

Lu Chan exécuta alors un enchaînement avec une concentration et une fluidité telle que le vieux maître fut profondément touché par la justesse et la qualité de son art.
Le maître se garda bien de laisser paraître son émotion et resta silencieux un long moment :

-"Ce ne serait pas judicieux de vous laisser partir avec le peu que vous savez, vous risqueriez de ternir la réputation de notre famille en montrant notre art de façon si imparfaite. Vous allez rester et terminer votre apprentissage sous ma direction cette fois".

En demeurant de nombreuses années au sein de la famille Chen, Lu Chan intégra profondément l'art subtile du Tai Chi Chuan, et ce n'est qu'après que le maître lui eu signifié la fin de son apprentissage qu'il reparti vers sa lointaine province. A Pékin, où il décida de s'installer pour enseigner le Tai Chi, sa réputation ne manqua pas de s'étendre et bientôt on l'appela "l'insurpassable Yang".

Bien que souvent défié par d'autres écoles, il ne fut jamais vaincu et ses victoires ne firent que renforcer la réputation du Tai Chi, d'autant qu'il parvenait à neutraliser ses adversaires sans les blesser.

"Le manteau magique de YANG Lu Chan"

Yang Lu Chan

Yang Lu Chan, après une visite qui s'était prolongé tard dans la nuit, retournait chez lui. Il traversait un quartier mal famé de Pékin et marchait à grandes enjambées, soucieux de passer rapidement. Mais au coin d'une ruelle, une bande de malfrats l'attendait, il tente de fuir, mais le groupe est nombreux et armé de bâtons, gourdins, matraques et l'encercle déjà.

Lu Chan vu le nombre élevé de ses adversaire ne tente même pas de se défendre, il s'enroule dans son manteau aussitôt qu'on l'attaque et se laisse tomber à terre. La bande se déchaîne sur cette proie facile qu'il assimilent vite à un sac d'entraînement.

Au bout d'un moment, les voyous épuisés se lassèrent de frapper ce sac inerte et pensant qu'il avait eu son compte l'abandonnèrent à son sort, convaincus qu'il ne pouvait en avoir réchappé. Le lendemain, Lu Chan se livrait à ses activités quotidiennes comme si rien n'était arrivé, aucune trace de coup pour attester d'une bastonnade.

Mais chez les malfrats, plusieurs d'entre eux étaient couchés en proie à des douleurs comme s'ils s'étaient faits battre. En Chine, on dit que de tels maîtres on atteint un tel niveau de Chi, d'énergie interne que leur corps est capable d'absorber les coups et de retourner l'énergie contre leur agresseur.

Par contre lorsqu'ils vous touchent, paralysé par leur énergie, vous êtes projeté violemment avec l'énergie d'une montagne. C'est pourquoi Lu Chan à préféré donner un leçon à ces voyous plutôt que de risquer de les blesser.

- l'Alchimie du Tai Chi Chuan